Avec l’essor des workflows automatisés, du développement Cloud-natif et des systèmes interconnectés, les identités non humaines (NHI, non-human identities) deviennent un élément clé des environnements informatiques modernes. Ces identités permettent aux systèmes de communiquer et de fonctionner sans intervention humaine.
Cependant, leur prolifération n’est pas sans danger. L’augmentation du nombre de NHI élargit la surface d’attaque et crée des failles de sécurité critiques, pourtant souvent négligées, qui nécessitent une gestion minutieuse et des contrôles de sécurité spécialisés.
Une identité non humaine (NHI) se rapporte à une machine, une application, un service, un composant logiciel, une ressource réseau ou un processus automatisé qui doit s’authentifier pour accéder à des données ou à des ressources dans un environnement, sans intervention humaine directe.
Voici quelques exemples :
Au-delà de l’évidence, les identités humaines et non humaines diffèrent dans leurs caractéristiques, leur gestion et les risques associés :
Aspect
Identité humaine
Identité non humaine
Représentation
Une personne physique (collaborateur, sous-traitant, etc.)
Une application, un service, un appareil, un script ou un robot
Interaction
Généralement interactive (écrans de connexion, invites)
Programmatique, automatisée, non interactive
Authentification
Clés API, certificats, jetons (OAuth, JWT), secrets, Cloud IAM
Quantité
Généralement proportionnelle à la taille de l’effectif
Peut largement dépasser le nombre d’utilisateurs humains ; évolue en fonction de l’automatisation et des services
Durée de vie
Généralement liée à la durée de l’emploi/du rôle ; toutefois, les identités à privilèges peuvent être attribuées de façon temporaire
Liée au cycle de vie de l’application/service/appareil ; peut être de courte durée ou dangereusement statique
Gestion des informations d’identification
Réinitialisation des mots de passe, configuration/réinitialisation de la MFA, service d’assistance IT
Nécessite souvent une rotation automatisée, des outils de gestion des secrets (par exemple, coffre-fort), une injection sécurisée
Provisioning
Processus d’intégration et de suppression gérés par les ressources humaines
Exécuté via DevOps/développeur, lié aux pipelines de déploiement
Les NHI sont particulièrement répandues dans les environnements Cloud. La nature même du Cloud, basé sur les API, l’automatisation, la mise à l’échelle dynamique et l’infrastructure en tant que code (IaC), nécessite une utilisation intensive des NHI pour la communication, l’autorisation et le déploiement.
Toutefois, à cause de cette forte dépendance, les NHI représentent un grand risque dans le Cloud :
Pour éviter ces risques, les organisations doivent utiliser des outils et des contrôles de sécurité spécialisés afin d’obtenir une visibilité de bout en bout sur les activités des NHI et appliquer une détection proactive des menaces.
Si elles ne sont pas correctement gérées, les identités non humaines peuvent présenter des risques de sécurité qui entraînent des manquements à la conformité, des interruptions de service et même des violations de données. Voici pourquoi une gouvernance proactive des NHI est indispensable à votre organisation :
Voici quelques bonnes pratiques à suivre pour réduire les risques courants liés aux NHI :
Votre stratégie de sécurité pour les NHI doit appliquer des mesures de protection contre les menaces suivantes :
Si votre organisation utilise l’automatisation, des services Cloud ou tout type de communication de système à système, il est presque certain que votre environnement comprend des identités non humaines (NHI). Même si leur nombre est faible à l’heure actuelle, vous devez commencer à développer un système extensible de gestion des NHI sans attendre.
Au fur et à mesure que votre infrastructure se développe, le nombre de NHI peut augmenter de manière exponentielle, ce qui rendra plus difficile leur suivi et leur sécurisation à l’avenir. Un cadre de gestion structuré permet de prévenir les lacunes en matière de sécurité et de s’assurer que les NHI sont correctement contrôlées dès le départ.
Voici le cycle de vie typique des NHI :
Examinons deux exemples de fonctionnement concret des NHI :
Prenons l’exemple d’un script qui extrait des données d’une base de données sensible. Voici comment cela pourrait fonctionner :
L’exemple suivant est celui d’une instance EC2 qui doit interagir avec d’autres services Cloud.
Les cadres modernes, tels que NIST CSF 2.0, PCI DSS 4.0.1 et ISO 27001:2022, mettent davantage l’accent sur la gestion spécialisée des NHI. Les organisations doivent tenir compte de ces recommandations, non seulement pour garantir la conformité, mais aussi pour atténuer de manière proactive les vulnérabilités en matière de sécurité.